L’Alchimie du Geste

L’art ne commence pas avec le pinceau, mais avec une obsession.

Derrière chaque sculpture se cache un combat silencieux entre l’idée et la matière. Pour moi, tout commence par une immersion dans nos récits collectifs : la mythologie et les symboles qui traversent les âges. Je ne cherche pas à décorer, mais à réveiller des archétypes.

1. Le temps de la main (Le Modelage)

Mon premier dialogue se fait avec la Plastiline. Cette terre huilée me permet de chercher la tension d’un muscle ou la justesse d’un regard sans que la matière ne sèche. C’est une phase de recherche où le volume doit trouver sa cohérence. Une fois l’œuvre modelée, je lui impose un silence : elle doit reposer quelques jours. Ce temps de maturation est essentiel pour que mon œil se détache du geste et que l’œuvre mûrisse.

2. La mémoire du vide (Le Moulage)

Vient ensuite la rigueur technique. Je crée une empreinte fidèle en silicone pour capturer chaque détail, chaque coup d’ébauchoir. Pour protéger cette mémoire souple, je bâtis une coque rigide en matière minérale fibrée.

3. Le passage à l’état solide (Le Tirage)

C’est ici que l’œuvre naît véritablement. Je coule la résine acrylique A1. Ce matériau minéral d’une grande dureté, vient remplir le vide laissé par la terre. C’est un moment de tension : celui où l’on attend que la chimie opère pour révéler la pièce finale, solide et pérenne.

4. Le souffle final (Les Finitions)

La sculpture est là, mais elle est encore brute. Commence alors le travail de peau : ponçage, peintures, résines UV pour la profondeur, et enfin, la feuillure dorée. Ce n’est qu’à cet instant, quand la lumière accroche enfin l’or, que la sculpture quitte mon atelier pour habiter votre espace.


« Passer de la terre malléable à la densité de la pierre acrylique : c’est là que l’objet devient présence. »