Von der Erde zur Ewigkeit: Die Metamorphose der Geste

Dans l’intimité de l’atelier, la création est un voyage qui traverse plusieurs états de la matière. C’est un passage de l’éphémère au sacré, du souffle au métal, où chaque étape est une strate supplémentaire dans ma Quête de Sens.

La Terre Huilée : Le Dialogue Infini

Tout commence par le contact avec la terre huilée. Contrairement à l’argile classique, cette matière ne connaît pas la morsure du temps. Elle ne sèche pas, elle reste disponible, autorisant un repentir infini, une recherche de la courbe parfaite qui peut durer des semaines.

C’est le temps de l’introspection. Sous mes doigts, la forme émerge lentement. C’est une phase de douceur et de patience où l’esprit se dépose dans la souplesse de la matière. Ici, rien n’est encore figé, tout est devenir.

Le Passage par le Moule : La Chrysalide

Vient ensuite un moment crucial, presque rituel : la conception du moule. Je réalise moi-même cette étape, car elle est le pont entre l’idée et sa réalisation pérenne.

  • L’Empreinte : C’est le moment où je fige mon dialogue avec la terre.

  • La Mémoire : Le moule conserve le souvenir de chaque pression de mes mains, de chaque vibration de la surface.

C’est une étape de transition nécessaire, une sorte de chrysalide technique d’où l’œuvre sortira bientôt transformée, prête à recevoir sa robe de lumière.

La Lumière et le Feu : Résines et Bronze

L’étape finale est celle de l’incarnation. Selon l’émotion recherchée, j’oriente le tirage vers différents horizons :

  1. La Clarté Minérale : En utilisant des résines acryliques ou des matières blanches, je cherche à capturer une pureté absolue. Ces œuvres semblent absorber la lumière pour la restituer avec une douceur quasi mystique.

  2. L’Éclat de l’Éternel : Pour les pièces en bronze, un dialogue s’instaure avec le fondeur d’art. C’est l’épreuve du feu. Le métal en fusion vient remplacer le vide du moule pour donner naissance à une œuvre qui traversera les siècles.

L’Élévation par l’Or et le Blanc

Peu importe le support final, ma quête culmine toujours dans l’harmonie du Blanc et de l’Or.

Le blanc pour le silence et le dépouillement de l’être ; l’or pour la part de divin et d’éveil qui réside en chacun de nous.

En posant cette ultime touche d’or sur une résine immaculée ou sur la patine profonde d’un bronze, je ne fais pas que terminer une sculpture. Je tente d’ouvrir une fenêtre vers l’intérieur, une invitation pour celui qui regarde à entamer, à son tour, sa propre élévation.


La sculpture est une métamorphose : nous façonnons la matière, mais c’est elle, finalement, qui nous transforme.